Grâce à leur esprit créatif, les
Arméniens ont forgé leur propre histoire et ont survécu
en dépit du temps et des agressions extérieures. Ils
ont toujours reconstruit ce qui avait été détruit sur
leur sol. Ils ont résisté, recréé même au moment où
leur âme souffrait sous l'oppression.
La danse occupe une place importante dans la culture arménienne
qui est riche et variée. Les Arméniens ont toujours
cherché à réaffirmer leur identité par la danse et la
musique qui sont intimement liées à leur histoire.
Les danses arméniennes peuvent être classées en quatre catégories :
1) Les danses du
Caucase arménien,
2) Les danses
de l'Arménie occidentale (Anatolie)
3) Les danses
de la grande Arménie historique,
4) Les danses
de la diaspora.
Ces catégories peuvent se
chevaucher, mais ils donnent une image large du paysage
de danse arménienne. Une différenciation pourrait
aussi être faite entre les danses folkloriques
villageoises et celles qui ont été arrangées ou chorégraphiées
par des ensembles professionnels, ainsi qu'entre les
danses qui se pratiquent aujourd'hui en Arménie et
celles qui se dansent dans les troupes de la de la
diaspora.
1) Les danses du Caucase arménien,
La danse énergique des hommes "Zhora Bar" vient de "Spitak" d'une région au nord de l'Arménie.
Le "Mom Bar", signifiant la danse de la bougie, vient du village "Maroune" au bord du lac "Sevan", et est traditionnellement la dernière danse faite à un mariage. Les bougies sont soufflées à la fin de la danse, indiquant aux convives qu'il est temps de rentrer à la maison.
Des différentes versions de "Harsanik" (mariage), ont aussi à l'origine comme nom "mom" ou danse de la bougie viennent de diverses régions de l'Arménie actuelle.
La danse "Naz bar" ou danse gracieuse est une improvisation de danse solo de fille, laquelle est basée sur la chorégraphie de mouvements de danses telles que "Artchegua Yerezanke" rêve de fille.
2) Les danses de l'Arménie occidentale (Anatolie)
Beaucoup de danses arméniennes de
l'Anatolie, territoire qui est maintenant en Turquie, se
sont perpétuées dans la diaspora par les survivants du
génocide arménien
:
"Sepastia Bar", de la région de "Sepastia",
comporte plusieurs versions.
"Ousdi Goukas Houchigue Mouchigue" et son accompagnement musical "Chavali" vient de la ville de "Erzeroum" de la région de "Garine", ainsi que "Tamzara", "Medax", "Tachguinague" et "Erzroumi choror".
"Laz Bar" est de "Sev Dzov" (Mer Noire), ainsi que la danse des pêcheurs où le mouvement des épaules représentent parfois la nage du poisson.
La région de "Daron" qui
était une des plus touchées par les massacres et
déportations, qui nous donne "Pompourigue"
et bien sûr le "Daroni".
Le chorégraphe de l'ensemble de danse d'état Azat
Gharibian, a mené une enquête en "Daron"
et a trouvé des habitants d'origine arménienne qui étaient
restés sur place en se faisant passer pour des turques.
Il a recueilli leurs témoignages sur les traditions de
musique et de danse et a recréé la danse que nous
connaissons aujourd'hui comme "Daroni ".
"Gorani" est la danse sur laquelle "Daroni" est basée, se dansait également à "Sassoun" et "Tchatague".
Dans le moyen âge, "Gorani "était une chanson d'amour. Maintenant, les différentes versions de "Gorani " se réfèrent aux événements tristes tels qu'une récolte pauvre ou un amour perdu.
Dans la capitale de l'Arménie
Yerevan, les écoles de danse et de chanson d'état ainsi
que les ensembles de danse se donnent comme objectif de
conserver les traditions folkloriques sous une forme
adaptable pour la présentation de scène. Les
versions de scène peuvent être assez différentes de
celles des villages d'origine, et ces ensembles sont
parfois accusés de ne pas respecter les danses d'origine.
Certaines danses sont adaptées pour une meilleure représentation
sur scène.
Comme toute danse folklorique, la danse folklorique arménienne
est vivante et en constante évolution.
Ces danses se pratiquent essentiellement en groupe et sont issues de la grande Arménie historique. Les danses et les musiques sont d'origine arménienne bien qu'elles se rapprochent de celles des autres nations habitant cette région (Turques, Kurdes ou Assyriens).
Les kurdes étaient une minorité
relativement nombreuse dans le territoire arménien, et
il y
a de nombreuses danses qui sont proches de celles pratiquées
par les kurdes, exemple : "Khumkhuma","Papouri",
"Tine et Halay".
La danse "Perte" (forteresse)
une classique des troupes d' Arménie ou "bad"
(mur) est proche linguistiquement à "bar",
signifiant danse.
"Halay" vient du mot "alay",
signifiant de nombreuses personnes.
Ces deux dernières danses représentent la construction
de forteresse ou de défense le combat contre les
agressions.
Dans les années quarante et
cinquante, la seconde et la troisième génération
Arméniennes Américains commençaient à créer de
nouvelles danses afin de remplacer ce qui avait été
perdu après la déportation et le génocide arménien,
en adaptant des danses avec des vieilles chansons
traditionnelles comme par exemple : "Incth
imanayi", connu aussi comme "misirlou"
qui était très populaire aux USA dans les années
cinquante.
La danse arménienne traditionnelle "Lorke-Lorke"
"Sirdes" (mon coeur), qui était
originaire de "Daron", ainsi que les
paroles de "Intch imanayi", comme
beaucoup d'autres chansons arméniennes, racontent une
histoire d'amour perdu ou de patrie perdue.
Les danses qui se déplacent
principalement à partir de la gauche de la scène représentent
la mélancolie.
"Siroon Aghchig" (belle fille), "Ambi
Dagitz", et "Guhnigua" sont des
danses populaires recréées dans la diaspora.
La danse "Choror", qui veut dire
balancement, est reliée phonétiquement à "oror",
bercer.
Nota: Pour la rédaction de cette rubrique nous nous
sommes inspirés du site de Madame Laura Shannon consacré
à la danses, voir liens.